alzheimer

personnes atteintes de démence et proches



Sceau d'accréditation HONcode  
Yverdon-les-Bains, le 8 novembre 2006

Exercice d’économies du Département du Conseiller fédéral Couchepin au détriment des patients atteints de démence

Jusqu’ici, l’assurance maladie obligatoire prenait en charge les examens PET (tomographie à émission de positrons) jusqu’à l’âge de 70 ans, examen qui permet de diagnostiquer une démence débutante de manière fiable. Cette prestation vient d’être éliminée sans commentaires dans l’Ordonnance sur les prestations de l’assurance de soins (OPAS). Un exercice d’économies mal ciblé et qui s’oppose aux efforts prioritaires de l’Association Alzheimer Suisse pour promouvoir le diagnostic précoce.

Maldies de démence – chiffres et constats pour la Suisse

96'000 personnes atteintes de démence vivent en Suisse (calculé sur la base des statistiques de la population 2004).Chaque année, il y a 22'000 nouveaux cas. Plus de 300'000 proches sont concernés, pendant 10 ans en moyenne. Mais: seul un malade sur trois a un diagnostic de démence (enquête nationale de l’année 2003, réalisée en collaboration avec gfs.bern). Dans un cas sur trois, il y a un soupçon de démence, ce qui signifie que le patient et ses proches doivent vivre avec les symptômes et les conséquences de la maladie sans savoir de quoi il s’agit.

Un diagnostic a toujours un sens, aussi pour les maladies non guérissables.
Avoir un diagnostic et d’autant plus un diagnostic précoce signifie qu’on peut commencer une thérapie médicale, chercher les soins appropriés et l’aide adéquate et planifier sa vie future compte tenu de la maladie de démence. Le malade peut encore prendre lui-même des décisions concernant l’avenir (p. ex. procurations, dispositions de fin de vie, examen de questions concernant l’entrée dans un home, etc.). Mais avant tout, grâce au diagnostic, le malade et ses proches connaissent l’origine des problèmes auxquels ils sont confrontés (problèmes cognitifs et surtout des modifications du comportement et des relations avec autrui). Les malades et les proches déclarent : La période la plus dure était celle avant le diagnostic, avant de savoir.

Mais il y a une autre raison pour laquelle les médicaments et les instruments d’examen (p. ex. le PET) sont importantes et font sens, même si l’effet est relativement limité : ils permettent aux médecins de famille et aux patients d’aborder le sujet, plutôt que de simplement l’esquiver, car on peut faire quelque chose, il y a une vie avec une maladie de démence. Le médecin de famille qui ne peut pas poser un diagnostic clair lui-même référera le patient ou la patiente à un spécialiste qui fera un diagnostic différentiel.

Les décisions sont prises sans tenir compte de l’avis des personnes atteintes
La décision de la Commission des prestations de l’Office fédéral de la santé publique, de supprimer le remboursement de l’examen PET pour le diagnostic des maladies de démence a apparemment été prise sur demande des caisses-maladie. Les personnes concernées n’ont pas été entendues. Cette démarche est inacceptable.

L’ampleur des économies faites grâce à cette suppression de prestations n’est pas claire. On peut en revanche dire aujourd’hui avec certitude que les diagnostics manquants, erronés ou incorrects auront des conséquences financières importantes. Cet exercice d’économies révèle un manque de connaissance du problème et pourrait rapidement se transformer en boomerang. On peut constater ici encore une fois qu’une réduction de prestations se fait sur le dos des plus faibles dans notre société, ceux qui sont incapables de se défendre.

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