|

|
Quelles attitudes faut-il adopter face à une personne souffrant de la maladie d’Alzheimer?
par Marianna GAWRYSIAK, psychologue-psychothérapeute FSP, spécialisée en gérontologie, Hôpital psychiatrique cantonal (HPC), 1633 Marsens, tél. : 026 305 77 33, e-mail: GawrysiakM@fr.ch
- Lors de la communication avec le malade, employez des mots familiers.
- Utilisez des phrases courtes et simples.
- Parlez-lui lentement.
- Parlez avec une voix douce sans crier.
- Posez-lui une seule question à la fois ; ne pas utiliser d’alternatives, les choix sont une source d’angoisse et présentent trop d’informations à la fois (troubles de la mémoire…).
- Attendez sa réponse.
- Si vous devez répéter votre message, faites-le avec les mêmes mots.
- Restez face à face avec le malade.
- Maintenez le contact visuel.
- Bougez lentement.
- Touchez le malade sur le bras ou sur la main.
- Employez des expressions du visage et des gestes qui expliquent ou amplifient le message.
- Faites comprendre au malade que c’est à lui et avec lui que vous voulez parler.
- Écoutez-le attentivement.
- Parlez au malade dans un endroit calme et sans distraction.
- Répondez à son message et pas seulement aux mots.
- Employez plusieurs modes de communication (voix, regard, toucher).
- Prenez votre temps dans la conversation (parlez par phrases, voire par mots et non par paragraphes).
- Observez ses expressions et ses attitudes : surveillez les signes d’anxiété ou de recul (augmentation des mouvements des mains, du son de la voix, agitation ou hostilité, agitation au niveau du regard, froncement des sourcils etc.).
- Si le malade n’est pas réceptif, n’insistez pas : dites-lui que vous comprenez qu’il ne veut pas parler maintenant et que vous reviendrez plus tard.
- Renoncez à vouloir apprendre quelque chose de nouveau au malade.
- Ne le grondez pas quand il n’arrive pas à faire quelque chose.
- Évitez de le contredire.
- Face à des accusations ou des affirmations absurdes, mieux vaut changer de sujet, cela désamorce bien des conflits.
- Il ne faut
- ni trop de sollicitations,
- ni trop d’interlocuteurs,
- ni trop de bruit.
- Aménagez son environnement:
- enlevez des objets qui peuvent lui faire peur (par ex: miroir, tableaux),
- laissez la lumière dans le couloir,
- laissez la porte des toilettes ouverte et la lumière allumée (rendre le lieu reconnaissable),
- ne laissez pas le poste de TV ou de radio allumé en permanence.
- Ayez un emploi du temps fixe (routine sécurisante).
- Faites de petites promenades fréquentes: effet apaisant.
- Évitez les doubles tâches (par ex: faire sa toilette tout en discutant).
- Conseillez des visites courtes à l’entourage familial, amical afin d’éviter la surstimulation et/ou la fatigue.
Face à quelques problèmes fréquents:
À éviter en général:
- la sur-stimulation qui favorise la décompensation,
- la sous-stimulation qui renforce la chronicité et la frustration,
- le forcing qui renforce la démentification et la confusion.
Phénomène du « soleil couchant » (quand le malade s’agite en fin de journée)
- Peut venir de l’angoisse, du changement dans l’environnement, de la fatigue, de l’insécurité.
- À faire : augmentez la lumière, restez avec la personne angoissée.
Déambulation, errance
- C’est l’expression d’une réaction existentielle, d’ennui, d’inutilité, d’autostimulation, d’insécurité.
- À éviter : les bruits, l’inactivité totale, trop d’agitation autour de lui.
- À faire : laissez-le déambuler dans des lieux sûrs, proposez-lui des activités répétitives, des promenades, ou des exercices physiques.
Agressivité, agitation
- D’abord : identifier les causes pour pouvoir les éviter par la suite.
- À faire : restez calme, détournez son attention, évitez les commentaires, déplacez-vous lentement, quittez la pièce, ne le punissez pas.
- Évitez les imprévus, établissez des routines.
Références bibliographiques
- L. Lévèque, C. Roux, S. Lauzon : Alzheimer, comprendre pour mieux aider, Ed. ERPI, 1990
- D. Gauvreau, M. Gendron : Questions – réponses sur la maladie d’Alzheimer, Ed. Le Jour, 1994
- H. Dreda, P. Brocker : Un « tabou » nommé Alzheimer, Ed. Ellipses, 1999
- les brochures de l’Association Alzheimer Suisse
|
|